05 novembre 2009
Joie de vivre...

Pour éclairer la vie au fil de chaque jour,
Accomplir de bon gré, les tâches ménagères,
Mélangez à l'entrain son même poids d'amour
Pour trouver le plaisir nimbé de ses lumières.
Caressez d'un regard les formes, les couleurs,
Suivez dans le ciel clair un nuage qui danse
Et d'un jeune minois, séchez vite les pleurs
En comprenant soudain, le chagrin de l'enfance !
Recevez le soleil au cœur de la maison,
Faites luire le bois, étinceler le cuivre
Et cueillez au jardin, les fruits de la saison
Dont le suc généreux, en douceur, nous enivre.
Ornez votre logis d'un brin de belle humeur,
Invitez vos amis avec un franc sourire;
Et découvrez ainsi le secret du bonheur,
Qu'avec simplicité, je viens de vous décrire.
Renée Chabaud-Fages

21 octobre 2009
La fée au bois

La fée aux yeux de violette
Est revenue dans les bois,
Faire choix de pâquerettes
Pour ses long cheveux de soie.
Elle a baigné son corps frêle
Dans l'eau claire du ruisseau,
Et s'est fait une nacelle
De trois feuilles de roseau.
A peine ont marqué la mousse
Ses pieds roses et menus;
La jolie fauvette rousse
A peine l'a entendue...
Le jus de quelques airelles
A suffi à la nourrir;
Un duvet de tourterelle
A suffi à la vêtir...
Elle s'est envolée, légère,
Sur l'aile d'un papillon,
Pour retrouver les fougères
Qui composent sa maison...
Marie-Dominique Poggi

20 octobre 2009
Les Poupées

Poupées de rire ou de chiffon
Poupées de bois ou bien de son
Celluloïd ou porcelaine
E3lles sont de petites reines.
Bébés d’amour, petites frimousses,
Robe de velours ou laine douce,
Pour petite fille ou grand- maman
Les poupées traversent les ans.
Moments de rêve et de tendresse
De confidences et de promesses,
Instants intenses d’émotion,
La poupée a rempli sa mission.
Petit personnage vivant
Dans le cœur de l’enfant
Poupée, tu le vois grandir ;
Et même quelquefois vieillir.
Parfois défraîchie, mutilée ;
Au fond d’un grenier abandonnée,
On te retrouve après bien des années,
Alors, tu es bien vite réparée !
Ainsi tu feras le bonheur
De bien des collectionneurs
Nostalgiques de leurs jeunes années,
Amoureux de toi, belle poupée.
Maryse Bey

Je suis une collectionneuse de poupées (irrécupérable !) et je recherche en permanence de nouvelles poupées abandonnées à adopter. Je lance donc un appel à mes lectrices et lecteurs : si vous avez une pauvre poupée dans vos greniers, pensez à moi !! Je suis à la veille de me lancer dans une nouvelle activité qui est en réalité l'aboutissement d'un rêve que je caresse depuis longtemps. Je vais désormais consacrer mon temps à ces petits personnages que sont les poupées et redonner vie à celles qui en ont besoin, je vais devenir restauratrice de poupées (on les appellait autrefois "poupetières"). Je confectionne également des trousseaux à celles qui n'ont plus de garde robe,( pour ma propre collection ou celles des autres.)
Je mettrai prochainement un lien sur ce blog vers mon site de restauratrice et ma boutique en ligne.( Soyez patients(tes), j'ai beaucoup de travail pour monter ce projet !)
Merci d'avance à ceux et celles qui, par chance, pourrons accéder à ma demande !!! Bonne soirée et que la nuit vous soit douce.


07 octobre 2009
Le ver de terre

Le lombric, autrefois, au temps de sa jeunesse,
Vivait sur le sol même et rampait sous les cieux,
Il aimait une étoile et la cherchait des yeux
Dans l'azur, chaque soir, avant qu'elle y renaisse.
Tel un humble valet qui dans l'ombre ne cesse
D'admirer une reine, ô songe audacieux !
Le lombric prosternait son cœur silencieux
Et son âme éthérée allait vers sa princesse.
Mais l'étoile, là-haut, avait d'autres soucis,
Des soupirants, mieux faits, richissimes, choisis !
Navré, n'en pouvant plus d'aimer et de se taire,
Ne pouvant se nourrir d'espoir et de clarté,
Le lombric à la fin s'enfouit dans la terre
Pour se gaver d'argile avec humilité.
Louis Gravié

03 octobre 2009
Le jardin secret

Il est un jardin fabuleux,
Perdu tout au fond de mon âme,
Esprit invisible à nos yeux,
Aussi rayonnant que la flamme...
Bien souvent nous le cultivons,
Tant son mystère se décèle,
Levant le voile à sa façon
Sur ce jardin parfois rebelle...
Fait de roses non sans épines,
D'amertume avec las regret,
De rêves aux humeurs chagrines,
Nous le taisons, il est secret !
Parée d'un éclat éphémère,
La fleur éclose du bonheur
A laissé la brise légère
D'un parfum d'ambroisie au cœur...
Il est une fleur, l'Espérance,
Au charme demeuré discret,
Laissons-la croître en abondance,
Jardin du cœur, jardin secret !
Anne Veyron
Fonsorbes (Haute-Garonne)
02 octobre 2009
Les mains

Il y a les petites mains, rondes et potelées,
Les mains d'enfants qui se tendent, que l'on retient.
Il y a les autres mains, longues et soignées,
Les mains d'ados qui se battent, que l'on étreint.
Il y a celles des femmes qui savent tout faire,
Les mains qui lavent, qui repassent, qui guérissent.
Il y a celles des hommes un peu grossières,
Les mains qui s'activent, qui détruisent, qui bâtissent.
Il y a les mains maternelles qui savent consoler,
Les mains dont les caresses apaisent les nuits et les pleurs.
Il y a les mains toutes vieilles, toutes ridées, tant aimées,
Les mains si riches de vie, de souvenirs, de bonheur.
Il y a les mains calleuses, travailleuses, toutes souillées,
Les mains pleines de terre, de charbon, de peinture ou de sang,
Les mains de tous les jours, de tous les temps,
Les mains qui font la vie, qui font les ans.
Il y a aussi mes mains, doigts fragiles auxquels je tiens,
Mais d'elles, je ne vous dirai rien.
Antoinette Dépit

26 septembre 2009
Fantaisie

Il est un air pour qui je donnerai
Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber,
Un air très vieux, languissant et funèbre,
Qui pour moi seul a des charmes secrets !
Or chaque fois que je viens à l'entendre,
De deux cents ans mon âme rajeunit...
C'est sous Louis treize; et je crois voir s'étendre
Un coteau vert, que le couchant jaunit;
Puis un château de brique à coins de pierre,
Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs,
Ceint de grands parcs, avec une rivière
Baignant ses pieds, qui coule entre des fleurs;
Puis une dame, à sa haute fenêtre,
Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens,
Que, dans une autre existence peut-être,
J'ai déjà vue et dont je me souviens !
Gérard de Nerval (1808-1855)
24 septembre 2009
La beauté

Je suis belle, ô mortels ! comme un rêve de pierre,
Et mon sein, où chacun s'est meurtri tour à tour,
Est fait pour inspirer au poète un amour
Éternel et muet ainsi que la matière.
Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris;
J'unis un cœur de neige à le blancheur des cygnes;
Je hais le mouvement qui déplace les lignes,
Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.
Les poètes, devant mes grandes attitudes,
Que j'ai l'air d'emprunter aux plus fiers monuments
Consumeront leurs jours en d'austères études;
Car j'ai, pour fasciner ces dociles amants,
De purs miroirs qui font toutes choses plus belles :
Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles !
Charles Baudelaire
17 septembre 2009
Réflexion sur le bonheur

Tout homme a ses douleurs, mais aux yeux de ses frères,
Chacun d'un front serein déguise ses misères.
Chacun ne plaint que soi, chacun dans son ennui,
Envie un autre humain, qui se plaint comme lui.
Nul, des autres mortels ne mesure les peines
Qu'ils savent tous cacher, comme il cache les siennes
Et chacun, l'œil en pleurs, en son cœur douloureux
Se dit :" Excepté moi, tout le monde est heureux !"
André Chénier
Nota Bene : André de Chénier est un poète français né à Constantinople en 1762 et mort à Paris en 1794. Mêlé d'abord au mouvement révolutionnaire, il protesta contre les excès de la Terreur et mourut sur l'échafaud. Il est un de mes poètes préférés.

22 juillet 2009
Rupture

Une sotte querelle ayant troublé les jours
d'ineffable harmonie où s'unissaient nos âmes,
Nous voulûmes tous deux en finir, et jurâmes,
De nous oublier pour toujours.
Toutes les cruautés que la douleur inspire,
Nous les eûmes. Mais, quand vint l'heure des adieux,
Nous restâmes muets et les yeux dans les yeux,
Sans trouver un mot à nous dire.
Nous sentions s'envoler notre ressentiment
Et fondre dans nos cœurs tout désir de vengeance (...)
Un charme au fond de nous paraissait murmurer
Que nos amours étaient bien loin d'être finies...
Et lorsque pour l'adieu nos mains se sont unies,
Elles n'ont pu se séparer.
Paul Reboux

NOTA BENE : Paul Reboux est le pseudonyme d'André Amillet (Paris1877- Nice1963). Il est le fils de la célèbre modiste Caroline Reboux.
Il fut écrivain, peintre, critique littéraire et gastronomique, romancier, auteur de livres d'histoire naturelle, de biographies, de récits de voyages et de livre pour enfants. Il est surtout connu pour le recueil de pastiches* "A la manière de..." qu'il publia en 1908, 1910 et 1913 avec son ami Charles Muller (1877-1914 ) en trois séries.
( sources Wikipédia où vous trouverez plus d'infos )
*un pastiche (de l'italien pasticcio) est une imitation du style d'un auteur ou d'un artiste, qui ne vise ni le plagiat, ni la parodie. On peut en découvrir dans tous les domaines littéraires et artistiques.
