Amour des Mots

22 juin 2011

La porte du jardin....

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La porte du jardin donne sur la ruelle

Et c'est là qu'un beau soir elle est apparue,

Elle

De qui l'amour est clair, comme l'aube et l'azur.

Elle m'attend. Le chat s'étire sur le mur.

Elle m'attend sous la tonnelle de roseaux,

Mon coeur est une cage où chantentmille oiseaux.

Elle m'attend, elle regarde la pendule.

J'arriverai dans la tiédeur du crépuscule,

Et quand je la verrai me tendre les deux mains,

Les roses de juillet pleuvront sur les chemins.

 

Tristan Derème

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Tristan Derème, de son vrai nom Philippe Huc, né le 13 février 1889 à Marmande, décédé le 24 octobre 1941 à Oloron-Sainte-Marie, est un poète français, connu également sous les pseudonymes : Théodore Decalandre et Philippe Raubert.

 

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29 mai 2011

Les yeux de ma mère

 

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Les beaux yeux de ma mère ont reflété son âme

Comme un ruisseau d'argent éclabousse au matin

Des perles de soleil et de vivantes flammes

Pour masquer un instant les cailloux du chemin.

 

Je revois tes beaux yeux en ton anniversaire

Tu fixais ton enfant d'un regard extasié

Tu possédais la joie, tu portais la lumière

Ils brûlent dans mon coeur ces deux flambeaux sacrés.

 

Les beaux yeux de ma mère ont traversé des ombres

Mais au-delà des nues le ciel restait présent

Ils ont vu défiler des douleurs sans nombre

Tandis qu'un chant d'amour s'égrenait dans le vent...

 

Les larmes ont coulé des beaux yeux de ma mère

Comme une pluie d'orage causantsonr dur sillon

Le deuil et les soucis ont meurtri ses paupières

C'est ainsi qu'est venu le temps de la moisson....

 

La mort, de son secret, a déchiré le voile.

Adieu la sombre nuit aux traits défigurés

Ouverts sur l'infini au-delà des étoiles

Les beaux yeux de ma mère se sont transfigués.

 

Simone Falip ( Saône et Loire)

 

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25 avril 2011

Le petit Amour

 

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Le petit enfant Amour

Cueillait des fleurs à l'entour

D'une ruche, où les avettes

Font leurs petites logettes

Comme il les allait cueillant

Une abeille sommeillant

Dans le fond d'une fleurette

Lui piqua la main douillette.

Sitôt que piqué se vit,

" Ah ! je suis perdu ! " se dit

Et courant vers sa mère

Lui montra la plaie amère.

Alors Vénus se sourit,

Et en le baisant lui dit:

" Si doncques un animal

Si petit fait tant de mal,

Combien fais-tu de douleur

Au prix de lui dans les coeurs

De celui en qui tu jettes

Tes amoureuses sagettes ? "

 

Pierre de Ronsard

 

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06 avril 2011

Le ravissement d'Andromède

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D'un vol silencieux, le grand Cheval ailé

Soufflant de ses naseaux élargis l'air qui fume,

Les emporte avec un frémissement de plume

A travers la nuit bleue et l'éther étoilé.

 

Ils vont. L'Afrique plonge au gouffre flagellé,

Puis l'Asie...un désert...le Liban ceint de brume...

Et voici qu'apparaît, toute blanche d'écume,

La mer mystérieuse où vint sombrer Hellé.

 

Et le vent gonfle ainsi que deux immenses voiles

Les ailes qui, volant d'étoiles en étoiles,

Aux amants enlacés font un tiède berceau:

 

Tandis que, l'oeil au ciel où palpite leur ombre,

Ils voient, irradaint du Bélier au Verseau,

Leurs Constellations poindre dans l'azur sombre.

 

José-Maria de Hérédia  (1842-1905)

Les Trophées

 

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25 février 2011

Nocturne

 

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Le souffle lent du soir défleurit les lilas,

Amoncelant au pied d'odorantes jonchées

De ces petites flammes qui craquent sous les pas

Mon âme est douloureuse et mon coeur très las (...)

Il neige dans mon coeur des souffrances cachées

Au bassin, le jet d'eau rejailli tristement,

Ridant l'onde qui dort de cercles concentriques

Et les plantes du bord ont un tressaillement,

Au coeur les souvenirs pleurent confusément

Voici la nuit qui vient et ses folles paniques,

Le vent ne souffle plus, le ramier s'est enfui,

Le jet d'eau se lamnente en des plaintes rythmiques,

Et des yeux grands ouverts me suivent dans la nuit.

 

Henri de Régnier (extrait de Nocturne)

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20 février 2011

Bon dimanche....

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14 février 2011

Pour mon chéri...

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Pour l'amour de ma vie:

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A tous les amoureux:

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13 février 2011

A mes enfants....

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Quand le soleil y passe, ouvrez votre fenêtre;
Lui seul sait essuyer l'humide et sombre hiver.
Si le bonheur absent vient pour vous reconnaitre,
Que votre cœur charmé, tout grand lui soit ouvert !

Gardez-vous de bouder, enfants, contre vous-mêmes.
Sachez: l'or est moins pur qu'un tendre et doux conseil.
Enfants: ne pas sourire à l'ami qui vous aime,
C'est tourner le dos au soleil.

Marceline Desbordes-Valmore

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22 janvier 2011

Silence...


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Nous nous taisions: c'était l'heure troublante et chaude
Où le soleil frémit sous les rideaux croisés
Une rose effeuillait ses parfums apaisés
Nous nous taisions, penchés sur le silence tendre;
Et je sentais mon âme éperdument se tendre
Vers votre âme tremblante, éprise de clarté.
L'arôme de la fleur passait, tel un sourire,
Nous pensions les mots doux que nous n'osions pas dire,
Nous nous taisions, gardant chacun notre secret...

Extrait du poème "Silence" de la Baronne de Baye



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14 janvier 2011

Rêve d'amour


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N'est ce pas ? En dépit des sots et des méchants
Qui ne manqueront pas d'envier notre joie,
Nous serons fiers parfois et toujours indulgents. (...)
Sans nous préoccuper de ce que nous destine
Le Sort, nous marcherons pourtant d'un même pas,
Et la main dans la main, avec l'âme enfantine
De ceux qui s'aiment sans mélange, n'est ce pas ?

Paul Verlaine (extrait)


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